--> Fleurs Du Mal

Fleurs Du Mal

Poèmes et sentiments

Certaines poésies et photographies sont personnelles, quelques photographies ont un copyright, merci de ne rien copier sans autorisation Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...

samedi 30 septembre 2006

Le chemin de creve-coeur

_2466088

Un seul coeur ? Impossible
Si c'est par lui qu'on souffre et que l'on est heureux.
On dit : coeur douloureux,
Coeur torturé, coeur en lambeaux -
Puis : joyeux et léger comme un oiseau des Iles,
Un coeur si grand, si lourd, si gros
Qu'il n'y a plus de place
Pour rien d'autre que lui dans notre corps humain.
Puis évadé, baigné d'une grâce divine ?
Un coeur si plein
De tout le sang du monde et ne gardant la trace
Que d'une cicatrice fine qui s'efface ?
Impossible ! Il me faut plusieurs coeurs.
Le même ne peut pas oublier dans la joie
Tout ce qu'il a connu de détresse une fois
- Une fois ou plusieurs, chaque fois pour toujours -
Mon coeur se souviendrait qu'il fut un coeur trop lourd
Et ne serait jamais un coeur neuf, sans patrie,
Sans bagage à porter de vie en vie.

Sabine Sicaud
1913-1918
Recueil: Chemins

PhotoYann_Arthus_Bertrand__coeur_de_voh

Poème proposé par LuCie W à 18:26
Autres poèmes écrits dans Nuits d'hiver ♣
Pour laisser un message c'est ICI...! [6]

Permalien [#]

samedi 23 septembre 2006

Pour un brin d'herbe

5927484

Pour un rayon de soleil, un oiseau,
Pour une pierre aux desseins mystérieux,
J'ai envie de vivre,
J'ai envie de vivre très vieux.

Pour un regard de haine, un coup de pied,
L'amour comme une cabane effondrée,
Pour la douleur ou la mort d'un enfant,
J'ai envie de mourir souvent.

Pour la joie d'un silence retrouvé,
Pour cet amour qui brille dans tes yeux,
J'ai envie de vivre,
J'ai envie de vivre très vieux.

Pour ces machines à provoquer la mort,
Pour ce vacarme qui est le plus fort,
Pour la maladie qui montre les dents,
J'ai envie de mourir souvent.

Pour le courage de chercher ailleurs
Et pour le pire qui s'oublie dans le meilleur,
J'ai envie de vivre,
J'ai envie de vivre très vieux.

Pour cet ennui qui vient troubler la fête,
Pour la folie qui ronge nos têtes,
Pour ces angoisses qui rendent méchant,
J'ai envie de mourir souvent.

Pour tous ces gens que je  ne connais pas,
Ces rires dont on ne se lasse jamais,
Pour l'eau, le vent, la terre et le feu,
J'ai envie de vivre,
J'ai envie de vivre très vieux.

Jean Sèvres

plage_noire

Poème proposé par LuCie W à 12:36
Autres poèmes écrits dans Matins de Printemps ♣
Pour laisser un message c'est ICI...! [2]

Permalien [#]

dimanche 17 septembre 2006

L'adolescence

L_adolescence

C'est un coin d'herbes folles, de bleuets, de chiendent,
Blotti entre la jungle infernale des grands
Et le petit jardin tranquille de l'Enfance,
C'est une île inconnue de vos cartes adultes,
Un lagon épargné, une prairie inculte,
Une lande battue où les korrigans dansent,
L'Adolescence...

C'est l'échelle de soie, c'est Juliette entrevue,
Debout dans le miroir c'est la cousine nue
Qui s'émerveille et crie au fond de mon silence,
C'est un baiser volé à la barbe du Temps,
C'est deux enfants qui s'aiment à l'ombre d'un cadran
Où sous chaque seconde l'Immortalité danse,
L'Adolescence...

C'est "Toujours", c'est "Jamais", c'est éternellement
Le cœur au bord des lèvres, le spleen à fleur de dents
Et au ventre-volcan l'Amour-incandescence,
C'est "Je t'aime : on se tient !" c'est "Je t'aime : on se tue !"
C'est la Vallée d'la Mort de l'autr' côté d'la rue,
Vers les noirs pâturages la haute transhumance,
L'Adolescence...

C'est les poings dans les poches fermés à double tour,
C'est "Familles, je vous hais !", c'est René à Combourg,
Ophélie qui se noie, c'est Lucile qui s'avance,
C'est notre Diable au corps, c'est le Grand Meaulne en route,
C'est ce vieux Bateau Ivre qui reviendra sans doute
Les flancs chargés d'oiseaux, de fleurs et d'innocence,
L'Adolescence...

Depuis plus de vingt ans que j'y ai jeté l'ancre
Dans ce pays de fous, de chiens tièdes et de cancres,
Depuis plus de vingt ans j'y passe mes vacances,
Et comme ce vieillard de quatre-vingts printemps
Qui s'endort, un beau soir, et qu'on couche dedans
Son petit, tout petit coin de terre de Provence,
Couchez-moi, je vous prie, quand viendra le moment,
Dans ma terre, mon pays, couchez-moi doucement
En Adolescence, en Adolescence !

Henri Tachan

pomme_d_amour_adolescence

Poème proposé par LuCie W à 19:26
Autres poèmes écrits dans Flammes de l'Eté ♣
Pour laisser un message c'est ICI...! [1]

Permalien [#]

dimanche 10 septembre 2006

Il n'y a pas d'amour heureux

 

pas_d_amour_heureux

Rien n'est jamais acquis à l'homme Ni sa force
Ni sa faiblesse ni son coeur Et quand il croit
Ouvrir ses bras son ombre est celle d'une croix
Et quand il croit serrer son bonheur il le broie
Sa vie est un étrange et douloureux divorce

Il n'y a pas d'amour heureux

Sa vie Elle ressemble à ces soldats sans armes
Qu'on avait habillés pour un autre destin
A quoi peut leur servir de se lever matin
Eux qu'on retrouve au soir désoeuvrés incertains
Dites ces mots Ma vie Et retenez vos larmes

Il n'y a pas d'amour heureux

Mon bel amour mon cher amour ma déchirure
Je te porte dans moi comme un oiseau blessé
Et ceux-là sans savoir nous regardent passer
Répétant après moi les mots que j'ai tressés
Et qui pour tes grands yeux tout aussitôt moururent

Il n'y a pas d'amour heureux

Le temps d'apprendre à vivre il est déjà trop tard
Que pleurent dans la nuit nos coeurs à l'unisson
Ce qu'il faut de malheur pour la moindre chanson
Ce qu'il faut de regrets pour payer un frisson
Ce qu'il faut de sanglots pour un air de guitare

Il n'y a pas d'amour heureux

Il n'y a pas d'amour qui ne soit à douleur
Il n'y a pas d'amour dont on ne soit meurtri
Il n'y a pas d'amour dont on ne soit flétri
Et pas plus que de toi l'amour de la patrie
Il n'y a pas d'amour qui ne vive de pleurs

Il n'y a pas d'amour heureux

Mais c'est notre amour à tous les deux

Louis Aragon

il_n_y_a_pas_d_amour_heureux

 

 

Poème proposé par LuCie W à 09:07
Autres poèmes écrits dans Soirs d'Automne ♣
Pour laisser un message c'est ICI...! [7]

Permalien [#]

mercredi 16 août 2006

Je retourne au sud

Chili___Atacama_5
Chili___Patagonie_Torres_del_Paine_2




Je reviens au Sud, 
comme on revient à l'amour,
je reviens à toi,
avec mon désir, avec ma peur.
 
Je porte le Sud,
comme un destin amoureux,
je suis du Sud,
comme les airs du bandonéon.
 
Je rêve le Sud,
immense lune, ciel à l'envers,
je cherche le Sud,
le temps ouvert, et son après.
 
J'aime le Sud,
ses bonnes gens, sa dignité,
je ressens le Sud,
comme ton corps dans l'intimité.
 
Je t'aime, Sud,
Sud, je t'aime.
 
Je reviens au Sud,
comme on revient à l'amour,
je reviens à toi,
avec mon désir, avec ma peur.
 
Je reviens au Sud,
je porte le Sud,
je t'aime Sud,
je t'aime Sud .

Fernando E. Solanas
Chili___PatagonieChili___Patagonie_Glacier_San_Rafael_2

Poème proposé par LuCie W à 19:38
Autres poèmes écrits dans Soirs d'Automne ♣
Pour laisser un message c'est ICI...! [5]

Permalien [#]

lundi 14 août 2006

Les fleurs du bien

Pour tous ceux qui arrivent ici

en cherchant les Fleurs du Mal de Obispo

voici "Les Fleurs du Bien"

B000EUL00U

 

A travers les intempéries
les mauvaises passes, les jours d’ennui
pense à moi, pense à moi
si t’en as envie

je ne sais plus où courent tous ces gens,
mais c’est sans doute… très important
pour y passer, y passer
autant de temps

moi j’me suis mis dans un jardin,
à cultiver les fleurs du bien
pense à moi, pense à moi
si t’en as besoin

tu vas croire que c’est encore loin
mais c’est juste au bout d’un chemin
et là, tu reconnaîtras,
les fleurs du bien…
pense à moi, pense à moi
si t’en as besoin

près d’un piano désaccordé
en attendant que vienne une idée
tu sauras, tu sauras
Toujours
où me trouver

je sais bien que le monde est grand,
et qu’il faut regarder de l’avant…mais
pense à moi, pense à moi
Si t’en as le temps

moi j’me suis mis dans un jardin,
à cultiver les fleurs du bien
pense à moi, pense à moi
si t’en as besoin

Tu vas croire que c’est encore loin
mais c’est juste au bout d’un chemin
et là, tu reconnaîtras, les fleurs du bien…
pense à moi, pense à moi
si t’en as besoin

j’te dis ça, autant que j’en rie
puisque les mots ne changent pas la vie
pense à moi, pense à moi
si t’as envie

Je sais à peu près c’qui m’attend
et même après quoi courent les gens
je ne vois plus,
Ne vois plus rien
de très urgent
pense à moi, pense à moi,

Pense à moi, pense à moi

 

Même là au fond de mon jardin
à cultiver les fleurs du bien
les fleurs…du bien

Pascal Obispo

Les_fleurs_du_bien

Poème proposé par LuCie W à 10:30
Autres poèmes écrits dans ♦ Paroles & Sentiments
Pour laisser un message c'est ICI...! [6]

Permalien [#]

mardi 11 juillet 2006

Que reste t-il?

502b


Toi qui m'a détruit, me perforant le coeur
Sais tu que je t'aime, et que je n'ai pas peur
Tu m'as tout donné, Amour, joie et bonheur
Tu m'as tout repris, sans regret, ni pudeur.

Combien j'ai apprécié tes baisers langoureux
Tes sourires enjoleurs qui rendaient amoureux
Ton parfum d'homme et ton corps merveilleux
Ton coeur haletant et tes si beaux cheveux.

Comme tu étais beau dans le petit matin
Après les doux instants où les corps sont étreints
Je caressais, heureuse, longuement ta main
Et contemplais, paisible, tes jolis yeux calins.

Mais que reste-t-il de cette belle année?
L'empreinte, sur mon front, que le temps a marqué,
Et sa marque, à mes yeux, d'avoir tant pleuré
Le souvenir, fugace, d'avoir crue être aimée?


10034107_lg

Poème proposé par LuCie W à 11:07
Autres poèmes écrits dans ♥ LuCie ♥
Pour laisser un message c'est ICI...! [16]

Permalien [#]

samedi 1 juillet 2006

Les feux de l'Amour

57012788

Aux feux de la Saint Jean
Je brûle mon ennui
Je regarde le temps
Qui consume ma vie.

Tous ces feux de Bengale
Défilant dans le soir
Comme cent milles étoiles
Ramènent un peu d'espoir.

Et ces bandonéons
Qui pleurent jusqu'aux nues
Me donnent le frisson
De mon histoire vécue.

Et ces feux d'artifices,
Rouges, bleus ou bien verts,
Me rappellent, ô, délices,
Mes souvenirs d'hier.

Qu'il était doux pourtant
De savourer l'Eté
Aux feux de la Saint Jean
Et du bonheur d'Aimer.

57361823

Poème proposé par LuCie W à 18:17
Autres poèmes écrits dans ♥ LuCie ♥
Pour laisser un message c'est ICI...! [7]

Permalien [#]

vendredi 30 juin 2006

LUCIE

LUCIE 

 

 

Deux syllabes que j’épelle béat d’une voix radieuse…

Lu…cie… adoucit la vie avec son sourire,
fragilise le mal le rend docile.
Les saints anoblissent sa gentillesse que les enfants récitent comme une belle poésie.
Son visage illumine mes lèvres de rires heureux,
scintille à mes yeux comme un millier de saphir vermeil.
En définitive ; Lucie c’est une vie, une féerie, une merveille.

Quand elle danse, les anges fredonnent sa beauté innocente.
Elle rayonne d’une élégance sans égal.
Un ensemble de pas rempli de délicatesse qui provoque en moi la quintessence.
Je frissonne d’allégresse en gouttant au bonheur qu’elle émane, un volcan de vitalité en effervescence.

Quand elle se confie à mes oreilles, un souffle céleste m’emporte loin des peines et des doutes.
Nos aveux de vie se fondent dans une lune amande,
et nos pensées se découvrent jumelles, n’offrant qu’amour et gentillesse.
Quand elle m’amende de mes faiblesses cachées sous mes ombrelles.
Ma prunelle brille tel une étoile filante, impatiente d’exaucer les vœux d’une fille aussi fascinante.

Ses yeux si intenses me font entrevoir de l’espoir au-delà de la voie lactée.
Un entrelacs de douceur bien réel, qui met toutes mes muses, et mes idéales à la peine.

Lucie pour tout te dire…

Je t’offre des mots doux qui s’envolent comme des lucioles,
des lettres qui fanent en roses,
des phrases fortes qui se déposent sur tes épaules,
comme un savoureux massage.
Je te donne mon cœur en terre d’asile,
un présent lisse et sage pour t'accompagner dans ta nouvelle vie de femme

Poème proposé par LuCie W à 11:29
Autres poèmes écrits dans ♪ Ils m'Ont Ecrit
Pour laisser un message c'est ICI...! [0]

Permalien [#]

jeudi 8 juin 2006

Passé

fdm1

Tu avais jadis, lorsque je t'ai prise,
il y a trois ans,
des timidités, des pudeurs exquises.
Je te les ai désapprises.
Je les regrette à présent.
A présent, tu viens, tu te déshabilles,
tu noues tes cheveux, tu me tends ton corps...
Tu n'étais pas si prompte alors.
Je t'appelais : ma jeune fille.
Tu t'approchais craintivement.
Tu avais peur de la lumière.
Dans nos plus grands embrassements,
je ne t'avais pas tout entière...
Je t'en voulais. J'étais avide,
ce pauvre baiser trop candide,
de le sentir répondre au mien.
Je te disais, tu t'en souviens :
« Vous ne seriez pas si timide
si vous m'aimiez tout à fait bien!... »
Et maintenant je la regrette
cette enfant au front sérieux,
qui pour être un peu plus secrète
mettait son bras nu sur ses yeux.

Paul Geraldy

(Toi et Moi- 1885)

502c

Poème proposé par LuCie W à 10:17
Autres poèmes écrits dans Flammes de l'Eté ♣
Pour laisser un message c'est ICI...! [5]

Permalien [#]