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Fleurs Du Mal

Poèmes et sentiments

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mercredi 21 mai 2008

Mon coeur

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Mon coeur, tremblant des lendemains,
Est comme un oiseau dans tes mains
Qui s'effarouche et qui frissonne.
Il est si timide qu'il faut
Ne lui parler que pas trop haut
Pour que sans crainte il s'abandonne.
Un mot suffit à le navrer,
Un regard en lui fait vibrer
Une inexprimable amertume.
Et ton haleine seulement,
Quand tu lui parles doucement,
Le fait trembler comme une plume.
Il t'environne ; il est partout.
Il voltige autour de ton cou,
Il palpite autour de ta robe,
Mais si furtif, si passager,
Et si subtil et si léger,
Qu'à toute atteinte il se dérobe.
Et quand tu le ferais souffrir
Jusqu'à saigner, jusqu'à mourir,
Tu pourrais en garder le doute,
Et de sa peine ne savoir
Qu'une larme tombée un soir
Sur ton gant taché d'une goutte.

Albert Samain

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Poème proposé par LuCie W à 21:26
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mardi 20 mai 2008

Les yeux

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Bleus ou noirs, tous aimés, tous beaux,
Des yeux sans nombre ont vu l'aurore ;
Ils dorment au fond des tombeaux
Et le soleil se lève encore.

Les nuits plus douces que les jours
Ont enchanté des yeux sans nombre ;
Les étoiles brillent toujours
Et les yeux se sont remplis d'ombre.

Oh ! qu'ils aient perdu le regard,
Non, non, cela n'est pas possible !
Ils se sont tournés quelque part
Vers ce qu'on nomme l'invisible ;

Et comme les astres penchants,
Nous quittent, mais au ciel demeurent,
Les prunelles ont leurs couchants,
Mais il n'est pas vrai qu'elles meurent :

Bleus ou noirs, tous aimés, tous beaux,
Ouverts à quelque immense aurore,
De l'autre côté des tombeaux
Les yeux qu'on ferme voient encore.

René-François Sully Prud'Homme

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Poème proposé par LuCie W à 09:55
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lundi 19 mai 2008

Ma femme

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Ma femme
aux yeux pleins de larmes
Aux yeux de panoplie violette
et d'aiguille aimantée
Ma femme aux yeux de savane
Ma femme aux yeux d'eau
pour boire en prison
Ma femme aux yeux de bois
toujours sous la hache
Aux yeux de niveau d'eau
de niveau d'air
de terre et de feu.

André Breton

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Poème proposé par LuCie W à 15:53
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dimanche 18 mai 2008

Des soirs de douceur

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Il est ainsi des soirs faits de douceur qui flotte,
De beaux soirs féminins où le coeur se dorlote,
Et qui font tressaillir l'âme indiciblement
Sous un baiser qui s'ouvre au fond du firmament.

Tes yeux me souriaient... et je marchais heureux
Sous le ciel constellé, nocturne et vaporeux,
Pendant que s'entrouvrait, blancheur vibrante et pure,
Mon âme - comme un lys ! - passée à ta ceinture.

Albert Samain

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Poème proposé par LuCie W à 20:25
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Tu ne serais pas une femme

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Tu ne serais pas une femme
Si tu ne savais pas si bien
Te faire et te refaire une âme,
Une âme neuve avec un rien.
À ce jeu ta science est telle
Que chaque fois que je te vois
Tu fais semblant d’être nouvelle
Et j’y suis pris toutes les fois.

Paul Géraldy

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Poème proposé par LuCie W à 07:45
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samedi 17 mai 2008

Pleurez mes yeux

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Pleurez mes yeux, pleurez. Je ne peux plus rire.
Mon être va vers l'Ami. Je ne reviendrai pas.
La douleur de mille morts m'est indifférente.
Je vais où l'on ne meurt pas, où je ne mourrai pas.
Je veux que mon être s'enflamme, s'embrase au feu d'amour.
Coulez mes larmes de sang. Je ne vous essuierai pas.
Je subirai l'amour jusqu'à n'être que cendres.
Je me suis peint de ta couleur. Celle-ci ne pâlira pas.
Le sage des sages qui m'éveilla me suffit.
Je ne saisirai plus d'autre main que la sienne.
J'ai troqué mon désir d'être contre celui de n'être pas.
Ce n'est plus, désormais, la double poursuite de l'âme et du corps.
Nous émigrons, corps et âme, d'éphémère en éternel.
J'ai résolu de prendre la route. Je ne reviendrai pas.

Emre Younous

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Poème proposé par LuCie W à 18:01
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vendredi 16 mai 2008

Ton corps plus doux que ton esprit

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Ton corps plus doux que ton esprit
S'exposait hier à ma vue,
Et d'un transport qui me surprit
Soulageait l'ardeur qui me tue.

Ton visage masqué me rit
Ainsi qu'au travers d'une nue,
Et sous le gant qui la couvrit
Ta main m'apparut demi nue.

Même pour mieux flatter mes sens
De mille plaisirs innocents,
Ton sein poussait hors de ta robe.

Cloris, n'est-ce pas proprement
Que ton corps de toi se dérobe
Pour se donner à ton amant ?

Charles Vion D'Alibray
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Poème proposé par LuCie W à 15:06
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jeudi 15 mai 2008

Adieu

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Adieu ! je crois qu'en cette vie
Je ne te reverrai jamais.
Dieu passe, il t'appelle et m'oublie ;
En te perdant je sens que je t'aimais.

Pas de pleurs, pas de plainte vaine.
Je sais respecter l'avenir.
Vienne la voile qui t'emmène,
En souriant je la verrai partir.


Tu t'en vas pleine d'espérance,
Avec orgueil tu reviendras ;
Mais ceux qui vont souffrir de ton absence,
Tu ne les reconnaîtras pas.

Adieu ! tu vas faire un beau rêve
Et t'enivrer d'un plaisir dangereux ;
Sur ton chemin l'étoile qui se lève
Longtemps encor éblouira tes yeux.

Un jour tu sentiras peut-être
Le prix d'un coeur qui nous comprend,
Le bien qu'on trouve à le connaître,
Et ce qu'on souffre en le perdant

Alfred de Musset

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Poème proposé par LuCie W à 08:43
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mercredi 14 mai 2008

Soirs d'exil

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Venez sous cette lampe amie et près du feu.
Parlez-moi du Berry, de la mousse câline,
De l' étang lumineux sur qui le jonc s'incline,
Paupière de velours où brille un regard bleu.

Je vous dirai l'ardeur de nos juillet en feu,
Les vignes d'août saignant à flots sur la colline,
Et, quand le vent le tord d'une étreinte féline,
Le grand pin qui nous parle avec la voix d'un dieu.

Au dehors, c'est la nuit, l'hiver, Paris hostile;
L'heure morne s'égoutte aux beffrois de la ville:
Évoquons la patrie et le passé charmant!

Un mirage en nos yeux met sa lueur qui tremble,
Et nous rêvons, muets, avec le sentiment
D'être moins exilés quand nous sommes ensemble.


Anne Osmont

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Poème proposé par LuCie W à 08:15
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mardi 13 mai 2008

Rondeau de printemps

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Le temps a laissé son manteau
De vent, de froidure et de pluie,
Et s'est vêtu de broderie,
De soleil luisant, clair et beau.

Il n'y a bête ni oiseau
Qu'en son jargon ne chante ou crie :
Le temps a laissé son manteau
De vent, de froidure et de pluie.

Rivière, fontaine et ruisseau
Portent en livrée jolie
Gouttes d'argent, d'orfèvrerie;
Chacun s'habille de nouveau:
Le temps a laissé son manteau.

René Charles d'Orléans

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Poème proposé par LuCie W à 09:49
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