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Fleurs Du Mal

Poèmes et sentiments

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lundi 9 mars 2009

L'absence

L_absence

Je te parle à travers les villes
Je te parle à travers les plaines
Ma bouche est sur ton oreiller
Les deux faces des murs font face
A ma voix qui te reconnaît
Je te parle d'éternité

O villes souvenirs de villes
Villes drapées dans nos désirs
Villes précoces et tardives
Villes fortes villes intimes
Dépouillées de tous leurs maçons
De leurs penseurs de leurs fantômes

Campagne règle d'émeraude
Vive vivante survivante
Le blé du ciel sur notre terre
Nourrit ma voix je rêve et pleure
Je ris et rêve entre les flammes
Entre les grappes du soleil
Et sur mon corps ton corps étend
La nappe de son miroir clair.

Paul Eluard
l_absence

Poème proposé par LuCie W à 19:44
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dimanche 8 mars 2009

Je dors quand je veux avec elle

je_dors_quand_je_veux_avec_elle

Je l'aime bien, parce qu'elle a les yeux
Et les sourcils de couleur toute noire,
Le teint de rose et l'estomac d'ivoire,
L'haleine douce et le rire gracieux.

Je l'aime bien, pour son front spacieux
Où l'amour tient le siège de sa gloire,
Pour sa faconde et sa riche mémoire
Et son esprit plus qu'autre industrieux.

Je l'aime bien parce qu'elle est humaine,
Parce qu'elle est de savoir toute pleine
Et que dans son coeur d'avarice n'est point.

Mais qui me fait l'aimer d'une amour telle,
C'est parce qu'elle me tient bien point
Et que je dors quand je veux avec elle.

Olivier de Magny
1529 - 1561


je_dors_quand_je_veux_avec_elle

Poème proposé par LuCie W à 21:00
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Je me souviens de toi

je_me_souviens

Je me souviens de toi telle que tu étais en ce dernier automne :
Un simple béret gris avec le cœur en paix.
Dans tes yeux combattaient les feux du crépuscule.
Et les feuilles tombaient sur les eaux de ton âme.

Enroulée à mes bras comme un volubilis,
Les feuilles recueillaient ta voix lente et paisible.
Un bûcher de stupeur où ma soif se consume.
Douce jacinthe bleue qui se tord sur mon âme.

Je sens tes yeux qui vont et l'automne est distant :
Béret gris, cris d'oiseau, cœur où l'on est chez soi
Et vers eux émigraient mes désirs si profonds
Et mes baisers tombaient joyeux comme des braises.

Le ciel vu d'un bateau. Les champs vus des collines :
Lumière, étang de paix, fumée, ton souvenir.
Au-delà de tes yeux brûlaient les crépuscules.
Sur ton âme tournaient les feuilles de l'automne.

Pablo Neruda

je_me_souviens_de_toi

Poème proposé par LuCie W à 19:00
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A une robe rose

A_une_robe_rose

Que tu me plais dans cette robe
Qui te déshabille si bien,
Faisant jaillir ta gorge en globe,
Montrant tout nu ton bras païen !

Frêle comme une aile d'abeille,
Frais comme un coeur de rose-thé,
Son tissu, caresse vermeille,
Voltige autour de ta beauté.

De l'épiderme sur la soie
Glissent des frissons argentés,
Et l'étoffe à la chair renvoie
Ses éclairs roses reflétés.

D'où te vient cette robe étrange
Qui semble faite de ta chair,
Trame vivante qui mélange
Avec ta peau son rose clair ?

Est-ce à la rougeur de l'aurore,
A la coquille de Vénus,
Au bouton de sein près d'éclore,
Que sont pris ces tons inconnus ?

Ou bien l'étoffe est-elle teinte
Dans les roses de ta pudeur ?
Non ; vingt fois modelée et peinte,
Ta forme connaît sa splendeur.

Jetant le voile qui te pèse,
Réalité que l'art rêva,
Comme la princesse Borghèse
Tu poserais pour Canova.

Et ces plis roses sont les lèvres
De mes désirs inapaisés,
Mettant au corps dont tu les sèvres
Une tunique de baisers.

Théophile Gautier
A_une_robe_rose

Poème proposé par LuCie W à 17:00
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Elle danse

elle_danse

Elle danse sur le sable
En cercle, en rond de douceur,
Et son sourire adorable
Est un éternel puit de chaleur

Elle a la couleur de la vie
Imprimée sur ses joues chatoyantes
Courrant sur cette terre innocente
Sous ce vaste dôme de ciel infini

Elle mime sans fin,
Des histoires pleines de pantins
Son souffle ivre de paroles
De dons et d’oboles

Ce n’est qu’une enfant
Qui marche sur le vent
Souriant sans raison
Au monde, aux gens, aux saisons

Samuel Coelho

elle_danse

Poème proposé par LuCie W à 15:00
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Les plus beaux vers…

les_plus_beaux_vers

Les plus beaux vers sont ceux qu’on n’écrira jamais,
Fleurs de rêves dont l’âme a respiré l’arôme,
Lueurs d’un infini, sourires d’un fantôme,
Voix de plaine que l’on entend sur les sommets.

L’intraduisible espace est hanté de poèmes
Mystérieux exil, Eden, jardin sacré
Où le péché de l’art n’a jamais pénétré
Mais que tu pourras voir quelque jour, si tu m’aimes.

Quelque soir où l’amour fondra nos deux esprits,
En silence, dans un silence qui se pâme
Viens pencher longuement ton âme sur mon âme
Pour y lire les vers que je n’ai pas écrits...


Edmond Haraucourt
1856 -1941

les_plus_beaux_vers

Poème proposé par LuCie W à 12:16
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samedi 7 mars 2009

Il pleut

ilPLEUT


Il pleut  c'est merveilleux. Je t'aime.
Nous resterons à la maison :
Rien ne nous plaît plus que nous même
Par ce temps d'arrière saison.

Il pleut - les taxis vont et viennent.
On voit rouler les autobus.
Et les remorqueurs sur la Seine
Font un bruit... qu'on ne s'entend plus !

C'est merveilleux : il pleut. J'écoute
la pluie dont le crépitement
Heurte la vitre goutte à goutte...
Et tu me souris tendrement.

Je t'aime. Oh ! ce bruit d'eau qui pleure,
Qui sanglote comme un adieu.
Tu vas me quitter tout à l'heure :
On dirait qu'il pleut dans tes yeux.

Francis Carco
1886 - 1958

il_pleut

Poème proposé par LuCie W à 15:10
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jeudi 5 mars 2009

Petit matin

Po_te_mineur

Je te reconnaîtrai aux algues de la mer
Au sel de tes cheveux, aux herbes de tes mains
Je te reconnaîtrai au profond des paupières
Je fermerai les yeux, tu me prendras la main.

Je te reconnaîtrai quand tu viendras pieds nus
Sur les sentiers brûlants d'odeurs et de soleil
Les cheveux ruisselants sur tes épaules nues
Et les seins ombragés des palmes du soleil

Je laisserai alors s'envoler les oiseaux
Les oiseaux long-courriers qui traversent les mers
Les étoiles aux vents courberont leurs fuseaux
Les oiseaux très pressés fuiront dans le ciel clair.

Je t'attendrai en haut de la plus haute tour
Où pleurent nuit et jour les absents dans le vent
Quand les oiseaux fuiront je saurai le jour
Est là marqué des pas de celle que j'attends.

Complices du soleil je sens mon corps mûrir
De la patience aveugle et laiteuse des fruits
Ses froides mains de sel lentement refleurir
Dans le matin léger qui jaillit de la nuit.

Claude Roy
1915 - 1997

po_te_mineur

Poème proposé par LuCie W à 20:21
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Amour me cèle

deux_arbres


Deux amants sont devenus des arbres
    Pour avoir oublié le temps
 
    Leurs pieds ont poussé dans la terre
    Leurs bras sont devenus des branches
 
    Toutes ces graines qui s’envolent
    Ce sont leurs pensées emmêlées
 
    La pluie ni le vent ni le gel
    Ne pourront pas les séparer
 
    Ils ne forment qu’un seul tronc
    Dur et veiné comme du marbre

    Et sur leurs bouches réunies
    Le chèvrefeuille a fait son nid

Marcel Réalu
1908 - 1993

deux_arbres

Poème proposé par LuCie W à 19:54
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lundi 2 mars 2009

La solitude

solitude


Mon Dieu ! que tes cheveux me plaisent !
Il s’ébattent dessus ton front

Et, les voyant beaux comme ils sont,

Je suis jaloux quand ils te baisent.


Belle bouche d’ambre et de rose

Ton entretien est déplaisant

Si tu ne dis, en me baisant,

Qu’aimer est une belle chose


 D’un air plein d’amoureuse flamme,

Aux accents de ta douce voix,

Je vois les fleuves et les bois

S’embraser comme a fait mon âme.


Théophile de Viau


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Poème proposé par LuCie W à 20:32
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