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Fleurs Du Mal

Poèmes et sentiments

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jeudi 5 juin 2008

A Mademoiselle

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Oui, femme, quoi qu'on puisse dire
Vous avez le fatal pouvoir
De nous jeter par un sourire
Dans l'ivresse ou le désespoir.

Oui, deux mots, le silence même,
Un regard distrait ou moqueur,
Peuvent donner à qui vous aime
Un coup de poignard dans le coeur.

Oui, votre orgueil doit être immense,
Car, grâce a notre lâcheté,
Rien n'égale votre puissance,
Sinon, votre fragilité.

Mais toute puissance sur terre
Meurt quand l'abus en est trop grand,
Et qui sait souffrir et se taire
S'éloigne de vous en pleurant.

Quel que soit le mal qu'il endure,
Son triste sort est le plus beau.
J'aime encore mieux notre torture
Que votre métier de bourreau.

Alfred de Musset

amademoiselle

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mardi 3 juin 2008

La lettre

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Tu m'as dit si tu m'écris
Ne tape pas tout à la machine
Ajoute une ligne de ta main
Un mot un rien oh pas grand-chose
Oui oui oui oui oui oui oui oui
Ma Remington est belle pourtant
Je l'aime beaucoup et travaille bien
Mon écriture est nette est claire
On voit très bien que c'est moi
qui l'ai tapée
Il y a des blancs que je suis seul à savoir faire
Vois donc l'oeil qu'a ma page
Pourtant, pour te faire plaisir j'ajoute à l'encre
Deux trois mots
Et une grosse tache d'encre
Pour que tu ne puisses pas les lire.

Blaise Cendrars

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YSL - 1936 - 2008

Y_SL

J’ai vu des beautés immenses et délicates
Dîné dans des palais éblouissants de capitales tribales
Et dormi entre le ciel et le sable du Takla Makan
Je me suis fait l’ambassadeur de rois guerriers.

J’ai rencontré des mongols aux poings effroyables
Et des pêcheurs de perles mi-hommes mi-poissons
J’ai glissé mes mains sous des voiles interdits
Touché l’intouchable.

Et vécu les nuits sublimes du cantique des cantiques
J’ai dompté des chevaux Kirghiz
Franchi le toit du monde et écouté le Dalaï Lama.

J’ai coupé le santal de Mysore
Incisé le pavot d’Anatolie
Et broyé le safran du Madhya Pradesh
Je me suis enivré dans le jardin de roses du poète Saadi.

J’ai tourné jusqu’au vertige avec les derviches de la corne d’or
Et volé comme un aigle avec un vieux shaman à moitié fou
Je connais l’odeur du suint et du cuir, des palais et des temples
L’odeur de toutes les épices, l’odeur de tous les aphrodisiaques
Et celle de la peau des femmes et celle de la peau des hommes.

Je suis riche, riche, incomparablement riche de ce que j’ai vécu.

 

Yves Saint-Laurent

ysl

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lundi 2 juin 2008

Il faut boire d'un vin

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Il faut être l'esclave d'un roi qui n'est jamais détrôné,
s'attacher à un seuil d'où l'on ne peut pas être chassé.
Il faut être colombe et s'envoler, sans aller quelque part.
Il faut boire d'un vin dont l'ivresse ne se dissipe jamais.
Il faut être nageur excellent.
Il faut, plongeant dans une mer, en ramener une perle inconnue.
Il faut entrer dans un jardin et s'y promener.
Il faut respirer le parfum d'une rose jamais fanée.
Il faut que chaque homme, s'embrasant au feu d'amour,
ne se brûle qu'à lui, rejoigne son aimé.

Emre Younous

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Vous parler ?

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Vous parler ? Non. Je ne peux pas.
Je préfère souffrir comme une plante,
Comme l’oiseau qui ne dit rien sur le tilleul.
Ils attendent. C’est bien. Puisqu’ils ne sont pas las
D’attendre, j’attendrai, de cette même attente.

Ils souffrent seuls. On doit apprendre à souffrir seul.
Je ne veux pas d’indifférents prêts à sourire
Ni d’amis gémissants. Que nul ne vienne.

La plante ne dit rien. L’oiseau se tait. Que dire ?
Cette douleur est seule au monde, quoi qu’on veuille.
Elle n’est pas celle des autres, c’est la mienne.
Une feuille a son mal qu’ignore l’autre feuille.
Et le mal de l’oiseau, l’autre oiseau n’en sait rien.

On ne sait pas. On ne sait pas. Qui se ressemble ?
Et se ressemblât-on, qu’importe. Il me convient
De n’entendre ce soir nulle parole vaine.
J’attends — comme le font derrière la fenêtre
Le vieil arbre sans geste et le pinson muet...
Une goutte d’eau pure, un peu de vent, qui sait ?
Qu’attendent-ils ? Nous l’attendrons ensemble.
Le soleil leur a dit qu’il reviendrait, peut-être...

Sabine Sicaud

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dimanche 1 juin 2008

L'inquiet désir

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Voici l'été encor, la chaleur, la clarté,
La renaissance simple et paisible des plantes,
Les matins vifs, les tièdes nuits, les journées lentes,
La joie et le tourment dans l'âme rapportés.

- Voici le temps de rêve et de douce folie
Où le coeur, que l'odeur du jour vient enivrer,
Se livre au tendre ennui de toujours espérer
L'éclosion soudaine et bonne de la vie,

Le coeur monte et s'ébat dans l'air mol et fleuri.
- Mon coeur, qu'attendez-vous de la chaude journée,
Est-ce le clair réveil de l'enfance étonnée
Qui regarde, s'élance, ouvre les mains et rit ?

Est-ce l'essor naïf et bondissant des rêves
Qui se blessaient aux chocs de leur emportement,
Est-ce le goût du temps passé, du temps clément,
Où l'âme sans effort sentait monter sa sève ?

- Ah ! mon coeur, vous n'aurez plus jamais d'autre bien
Que d'espérer l'Amour et les jeux qui l'escortent,
Et vous savez pourtant le mal que vous apporte
Ce dieu tout irrité des combats dont il vient...

Anna de Noailles

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J'aime quand tu te tais

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J'aime quand tu te tais, parce que tu es comme absente,
et tu m'entends au loin, et ma voix ne t'atteint pas.
On dirait que tes yeux se sont envolés,
et on dirait qu'un baiser t'a clos la bouche

Comme toutes les choses sont remplies de mon âme,
tu émerges des choses pleine de mon âme.
Papillon de rêve, tu ressembles à mon âme
et tu ressembles au mot : mélancolie.

J'aime quand tu te tais et que tu es comme distante.
Et tu es comme plaintive, papillon que l'on berce.
Et tu m'entends au loin, et ma voix ne t'atteint pas:
laisse-moi me taire avec ton silence.

Laisse-moi aussi te parler avec ton silence,
clair comme une lampe, simple comme un anneau.
Tu es comme la nuit, silencieuse et constellée.
Ton silence est d'étoile, si lointain et si simple.

Pablo Neruda

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samedi 31 mai 2008

La centaine d'amour

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Sache que je ne t’aime pas et que je t’aime
puisque est double la façon d’être de la vie,
puisque la parole est une aile du silence,
et qu’il est dans le feu une moitié de froid.

Moi je t’aime afin de commencer à t’aimer,
afin de pouvoir recommencer à l’infini
et pour que jamais je ne cesse de t’aimer :
c’est pour cela que je ne t’aime pas encore.

Je t’aime et je ne t’aime pas, c’est comme si
j’avais entre mes deux mains les clés du bonheur
et un infortuné, un incertain destin.

Mon amour a deux existences pour t’aimer.
Pour cela je t’aime quand je ne t’aime pas
et c’est pour cela que je t’aime quand je t’aime.

Pablo Neruda

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Un sourire

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Un sourire ne coûte rien et produit beaucoup,
Il enrichit celui qui le reçoit sans appauvrir celui qui le donne,
Il ne dure qu'un instant, mais son souvenir est parfois éternel,
Personne n'est assez riche pour s'en passer,
Personne n'est assez pauvre pour ne pas le mériter,
Il crée le bonheur au foyer, soutient les affaires,
Il est le signe sensible de l'amitié,
Un sourire donne du repos à l'être fatigué,
Donne du courage au plus découragé
Il ne peut ni s'acheter, ni se prêter, ni se voler,
Car c'est une chose qui n'a de valeur qu'à partir du moment où il se donne.
Et si toutefois, vous rencontrez quelqu'un qui ne sait plus sourire, 
soyez généreux donnez-lui le vôtre,
Car nul n'a autant besoin d'un sourire
Que celui qui ne peut en donner aux autres.

Raoul Follereau.

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vendredi 30 mai 2008

La tristesse

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Je m’en vais tristement, déçu par mes amis,
J’ai même fermé la porte qui restait grand ouverte
Pour les flatteurs, les envieux et les aigris
Qui jouaient les anges mais souhaitaient ma perte.

Je ne sais pas où je vais, mais je ne retournerai
Plus jamais goûter à votre vie de peste ;
Loin, dans un coin perdu j’irai me reposer,
Mon cou plongé dans le col gris de ma veste.

Dritëro Agolli
(Poète albanais)

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